Félix Tshisekedi le président protocolaire

Félix Tshisekedi le président protocolaire et la préservation des intérêts rwandais en RDC

On a voulu faire croire aux Congolais que Martin Fayulu est soutenu par le Rwandais Paul Kagame. Or la réalité est tout autre. Comme j’ai eu à le souligner dans une précédente réflexion, Joseph Kabila avait demandé à sa cour constitutionnelle de confirmer l’élection-nomination de Félix Tshisekedi après avoir reçu le feu vert et les assurances de Kigali. Le choix de Tshisekedi fils répond à plusieurs impératifs, dont la sécurisation et/ou la préservation des intérêts du Rwanda en RDC.

Entre 1998, année du début de la seconde guerre du Congo, et 2004, le Rwanda a procédé à un pillage systématique et sauvage des richesses de la RDC, au point de provoquer des froncements des sourcils à Washington. Pour ne pas embarrasser davantage l’allié américain (George Bush n’étant pas aussi complaisant que ne l’a été Bill Clinton), Paul Kagame et son allié Joseph Kabila ont mis au point un stratagème «diaboliquement ingénieux»qui se résume au partage des richesses de la RDC avec le Rwanda.

En 2005, les deux hommes s’entretiennent à ce propos en marge de l’investiture du président Jakaya Kikwete de Tanzanie. L’idée émerge des coulisses en 2008 lorsque l’ancien Monsieur Afrique du Département d’État, Herman Cohen, aborde la question dans le New York Times, tout en affirmant que « pour le Département d’État, le Kivu appartient au Rwanda ». Levée de bouclier en RDC. En janvier 2009, Nicolas Sarkozy, qui vient de renouer les relations diplomatiques avec le Rwanda, évoque lui aussi le partage des richesses de la RD Congo, « pays à la superficie immense et à l’organisation étrange des richesses frontalières », dit-il, avec le Rwanda « pays à la démographie dynamique et à la superficie petite ». Et l’envoyé spécial de l’Union européenne dans la région des Grands Lacs, Aldo Ajello, d’ajouter qu’ « il faut créer les conditions pour une exploitation des ressources naturelles qui puisse bénéficier à tout le monde. »

Certains médias congolais et occidentaux n’hésitent pas alors à parler d’un projet de dépeçage et du pillage du Congo au profit du Rwanda, pays sous-traitant des intérêts anglo-saxons en Afrique centrale. Mais le pays des mille collines ne peut réussir son projet sans le concours de Joseph Kabila. En 2006, l’homme fort du Rwanda facilite l’élection de Kabila au Kivu « avec la bénédiction des Belges et des Américains », affirme la journaliste belge Colette Braeckman qui révèle : « Le président Kagame devait nous confier qu’à la veille des élections, il convoqua Ruberwa, lui demandant de ne rien faire qui puisse nuire au bon déroulement du scrutin et plus précisément à l’élection de Kabila. Il reconnut avoir également exercé des pressions en ce sens sur le gouverneur du Nord-Kivu de l’époque, Eugène Serufuli, un Hutu congolais, également très proche de Kigali. » Et Aldo Ajello de faire observer : « Kagame avait décidé qu’avec un Kabila démocratiquement élu à la présidence du Congo, les intérêts du Rwanda seraient mieux préservés. »

Les propos de Colette Braeckman — qui, faut-il le rappeler, est assez proche des deux chefs d’État — et d’Aldo Ajello confirment, pour qui veut bien le voir, que Joseph Kabila est le ver qui ronge la maison RDC de l’intérieur au profit du Rwanda.

Tout ceci a fait dire au président Denis Sassou Nguesso du Congo-Brazzaville que « Joseph est un cheval de Troie. Le jour, il est officiellement contre Kigali, mais la nuit, il marche avec Kagame. Or c’est la nuit qu’en Afrique les choses importantes se passent ». Et le président de l’« autre Congo » de raconter une anecdote tout aussi troublante que révélatrice de la connivence entre les deux hommes : « Kagame et Joseph ne se seraient pas la main en public, mais, quand ils pensaient ne pas être regardés, leur connivence étaient manifeste. Une caméra les a ainsi filmés par surprise. Mais les “services” rwandais ont réussi à faire détruire la bande ». L’événement auquel le président Sassou fait allusion s’est produit en septembre 2007, à New York, en marge de l’Assemblée générale des Nations-Unies.

Pour le Rwanda, il est donc impératif d’avoir des «hommes liges» à la tête de la RDC. Félix Tshisekedi rassure; raison pour laquelle Joseph Kabila, appuyé par Paul Kagame, a jeté son dévolu sur sa personne. C’est lui qui va désormais «préserver» les intérêts rwandais en RDC, à défaut de fermer les yeux sur l’exploitation des ressources naturelles du pays. Comme par exemple le gaz méthane du Lac Kivu que l’on retrouve en abondance du côté congolais et que le Rwanda exploite en toute quiétude.

Félix Tshisekedi fera ce que ses maîtres attendent de lui. Pour cela, il sera « encadré » discrètement autant par les hommes de Joseph Kabila qui l’entourent que par l’omniprésent Azarias Ruberwa dont le réseau d’infiltration au cœur des institutions civiles et militaires fonctionne désormais indépendamment de Joseph, mais sous la direction de Kagame. À écouter tout ce qui se raconte sur Félix à Kinshasa et dans certains milieux diplomatiques africains, il y a des raisons de croire que certains intérêts maffieux qui rongent la RDC ont de beaux jours devant eux. À commencer par les intérêts rwandais. Il suffit d’analyser sa posture et son expression faciale devant Paul Kagame pour comprendre que le président nommé de la RDC émet sur la même fréquence que le maître de celui qui l’a fait roi…

Arcticle de Patrick Mbeko

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Posted in A la une, Analyse, Félix Tshilombo.

Activiste Militant Résistant

Ma cause est bel bien fondée, vu la situation actuelle et les circonstances tragique que vivent les Congolais au quotidien ne me laisse pas le choix. Je milite pour mon pays jusqu'à ce que le peuple congolais devient bénéficiaire de ce qui lui revient de droit. Marre du système en place "la Kabilie" Une alternance négociée n'est qu'ultime humiliation" Félix Tshilombo un président nommé

One Comment

  1. Vous êtes simplement des complexés. Tellement remplis de haine tribale notoire et viscérale, Rien de bon ne viendra même pas de vous même cela rime avec ce que notre président fait. Vous êtes prêts à vous auto renier. BOKOMESANA.. les relations inter-états ne dépendent des esprits aigris et dépassés par le temps et qui souffrent de la médiocrité caractérielle permanente et surtout de nostalgie rancunière ..avec S.E Félix TSHISEKEDI la RDC n’a que le choix d’avancer. Les chiens des réseaux virtuels aboieront pendant que le grand train national du Congo avancera sous la conduite d’une nouvelle vision. Retient bien! dans peu de temps du va regretter et tu va subir je t’assure et je te rassure

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