La République à Démocratiser du Congo

La République à Démocratiser du Congo et le temps des « combinazione » politiques

Les négociations pour la mise en place de la structure institutionnelle de la cohabitation exacerbent l’opportunisme et la corruptibilité déjà élevés du personnel politique congolais : de nouvelles listes de ministrables circulent tous les jours à Kinshasa. L’exacerbation de l’opportunisme et la corruptibilité relèvent de deux facteurs. D’une part, les conditions d’accession de Félix Tshisekedi à la présidence sont pour le moins douteuses.

Lire aussi : RDC : 65 ministres le record d’un gouvernement éléphantesque

Pour l’Église catholique et beaucoup d’acteurs politiques qui n’appartiennent pas nécessairement à la formation de Martin Fayulu, le résultat des élections est « un déni de vérité ». Ils estiment que Félix Tshisekedi est parvenu à la présidence en passant un pacte faustien avec Joseph Kabila, pacte dont les dispositions sont mystérieuses (y compris pour les membres du parti du président). Ce « pacte avec le diable » a comme effets une forte défiance entre le président et les cadres de son parti et une marge de manœuvre réduite du chef de l’État. D’autre part, comme le pouvoir est devenu bicéphale, le marché politique congolais connaît une poussée inflationniste.

Lire aussi : Fridolin Ambongo : l’ancien régime a toujours le contrôle du pouvoir 

Les acteurs qui font l’offre (les politiciens) font monter le prix de leur adhésion et jouent la surenchère en mettant en concurrence les deux camps. Les achats de votes ont donc été la grande affaire des deux élections indirectes pour le Sénat et les gouvernorats. Cela explique le fait que les acteurs politiques adoptent des positionnements très flottants. Dans le contexte actuel où se définissent les rapports de force qui vont en principe sous-tendre les cinq ans de cohabitation, toutes les options sont sur la table, y compris les plus contre-nature. La cohabitation exacerbe le clientélisme compétitif et rend le champ politique congolais encore plus flexible et complexe qu’à l’accoutumée.

Les jeux financiers de la combinazione ont d’ores et déjà deux effets évidents : la mise sous tension de l’UDPS et la difficulté de former une coalition présidentielle. Le brigandage politique organisé par le FCC pour asseoir sa domination au Sénat et dans les provinces a fragilisé l’UDPS.

Bahati Lukwebo ou le nouveau Kamerhe ?

Il est peu probable que Bahati Lukwebo coupe les ponts avec Kabila. L’homme est dans la même stratégie de Kabila consistant à faire croire aux Congolais qu’il existe des « vrais opposants » à l’instar de Vital Kamerhe. Jusqu’au jour où la menace sur le pouvoir devient réelle, comme en 2016. Kamerhe surgit du bois et se retrouve aux négociations du Camp Tshiatshi pour sauver Kabila. Puis, il redevient opposant jusqu’à Genève où, après la désignation de Martin Fayulu, le même Vital surgit du bois pour sauver Kabila en embarquant Félix Tshisekedi dans l’aventure du « deal ». Ceux qui ont compris la stratégie du double-jeu de Kamerhe-Kabila ne devraient même pas prêter attention au jeu de dupe de Bahati Lukwebo. Cet homme est une doublure de Kabila que Kingakati essaye d’introduire dans CACH ou LAMUKA. Musavuli Boniface

Article récent

Comments

comments

Posted in Événements.

Activiste Militant Résistant

Ma cause est bel bien fondée, vu la situation actuelle et les circonstances tragique que vivent les Congolais au quotidien ne me laisse pas le choix. Je milite pour mon pays jusqu'à ce que le peuple congolais devient bénéficiaire de ce qui lui revient de droit. Marre du système en place "la Kabilie" Une alternance négociée n'est qu'ultime humiliation" Félix Tshilombo un président nommé