RDC Cobalt : La face cachée des voitures électriques : l’exploitation par le travail 40 000 enfants


Mark Dummett, chargé de recherches sur la responsabilité des entreprises en matière de droits humains à Amnesty International

Le gouvernement écossais a récemment annoncéson intention d’éliminer, d’ici 2032, les véhicules essence et diesel. D’ici 2040, les seules voitures qui circuleront sur les routes du Royaume-Uni seront également électriques, et les bornes de recharge auront remplacé les stations d’essence. Aux États-Unis, Elon Musk a annoncé le lancement de sa Tesla Model 3, dont il espère bien faire la première voiture électrique grand public du monde.

Cette mutation vers une technologie verte est plus que bienvenue. Le changement climatique est l’un des défis majeurs de notre époque en termes de droits humains et les villes de Londres à Delhi sont asphyxiées par les gaz d’échappement. La transition vers la voiture électrique va améliorer la qualité de l’air et réduire les émissions de carbonequi amènent notre planète au point de rupture.

Cependant, certaines voitures électriques ne sont pas aussi « propres » d’un point de vue éthique que les fabricants aimeraient nous le faire croire. Les recherches d’Amnesty International montrent que du cobalt extrait par des enfants et des adultes dans des conditions extrêmement dangereuses entre sans doute dans la chaîne d’approvisionnement de certains des plus grands constructeurs automobiles mondiaux.

Le cobalt est un composant essentiel des batteries rechargeables de type lithium-ion avec lesquelles fonctionnent les voitures électriques. Plus de la moitié du cobalt extrait à travers le monde provient de la République démocratique du Congo (RDC). Malgré ses richesses en minerais, la RDC compte parmi les pays les plus pauvres du monde et subit depuis des décennies la guerre et la corruption de ses dirigeants. Les emplois légaux étant trop rares dans le pays, des centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants congolais sont amenés à creuser leurs propres mines pour subvenir à leurs besoins.

D’après des représentants du gouvernement, 20 % du cobalt exporté depuis la RDC provient de ces mines « artisanales ». Ce chiffre est probablement en deçà de la réalité. Les coûts de production sont moins élevés dans les mines artisanales que dans les mines industrielles (notamment du fait de la faible rémunération des mineurs et de l’absence de règlementation). La demande ayant augmenté, nous avons entendu parler de nouveaux sites miniers qui se développent dans la région.

Par conséquent, une très grande partie des approvisionnements en cobalt dans le monde provient de ces mines. Si nous ignorons où finit la majeure partie de ce cobalt, il est raisonnable de supposer qu’il parvient jusque dans les chaînes d’approvisionnement des quelques entreprises qui dominent le marché des batteries automobiles.

En collaboration avec Afrewatch, une ONG congolaise, Amnesty International a découvertque des enfants n’ayant parfois pas plus de sept ans travaillent dans les zones minières. Aucun des enfants ou des adultes mineurs que nous avons vus ne portait de masque permettant d’éviter d’inhaler la poussière de cobalt, qui peut provoquer des affections pulmonaires potentiellement mortelles. Les mines s’effondrent fréquemment, enterrant les gens sous terre. Nul ne connaît le chiffre exact, mais l’UNICEF estime que 40 000 enfants travaillent dans les mines du sud de la RDC d’où est extrait le cobalt.

En s’appuyant sur des documents d’entreprises, nos investigations sur l’approvisionnement en cobalt ont permis de retracer le parcours de ce minerai depuis les mines en RDC jusqu’aux centres de négoce et fonderies chinoises, puis aux producteurs de composants de batteries en Chine et en Corée du Sud, jusqu’aux fabricants de batteries qui fournissent la plupart des grands constructeurs mondiaux de véhicules électriques.

Alors, que doivent faire ces entreprises ?

En 2012, l’Organisation pour la coopération économique et le développement (OCDE) a fixé des lignes directrices claires destinées aux entreprises qui se procurent du cobalt et d’autres minerais extraits dans des zones à haut risque comme la RDC. D’après ces lignes directrices, les constructeurs de voitures électriques et les fabricants de batteries devraient être en mesure d’indiquer l’identité de leurs fonderies et raffineries, et de révéler publiquement leur propre évaluation du respect par la fonderie des pratiques de diligence requise concernant l’identification et l’élimination des risques et des abus en matière de droits humains. Nous avons contacté la plupart des grandes entreprises et pas un seul constructeur automobile n’a déclaré l’avoir fait.

Source d’infos : Amnesty.org

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Auteur de l’article : Modidi

Natif Kongo est une plateforme à laquelle est engagée dans l'activisme politique en ayant une attitude, et un engagement politique en privilégiant l'action directe à court terme par rapport aux principes théoriques et aux actions à long terme. Pour parvenir au changement économique, politique, environnemental et social. En général l'idée de créer cette plateforme à débuté en 2013 et publié deux ans après, par Mr. Modidi le fondateur administrateur le 16 mars 2016. Notre objectif Faire respecter les lois universel de droit de l'homme, tout en sachant que la méconnaissance et le mépris des droits de l'homme opéré en RDC ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l'humanisme à laquelle la plateforme NatifKongo lutte à l'avènement d'un Congo où les citoyens Congolais seront libres de parler et de croire, libérés de l'occupation de la terreur et de la misère qui semble être éternel. Nous luttons pour mettre fin à cet théâtre de l'occupation qui semble être commencé pour ne plus prendre fin.

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