RDC : La liberté d'expression en otage

RDC : La liberté d’expression prit en otage

La liberté de la presse dont une des composantes est la liberté d’informer constitue l’un des piliers des démocraties modernes. Elle est l’un des effets sensibles du développement technologique et de l’accroissement des revendications démocratiques en faveur du droit à la critique pour les médias et du droit à l’information pour les citoyens.

Les modalités de l’exercice de la liberté de la presse en République démocratique du Congo sont fixées par la loi N° 96-002 du 22 juin 1996 dont l’article 76 stipule : « Seront punis comme complice d’une action qualifiée infraction conformément aux articles 22 et 23 du code pénal, Livre I, tous ceux qui soit, par des discours, écrits,
imprimés, dessins, gravures, images, peintures, emblèmes ou tout autre support de l’écrit, de la parole ou de l’image vendus, distribués, diffusés, ou exposés dans les lieux ou réunions publics ou au regard du public, auront directement incité l’auteur ou les auteurs à commettre la dite action, si la provocation a été suivie d’effet ».

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L’article 78, quant à lui, poursuit : « Seront punis pour trahison tous ceux qui en temps de guerre, auront, par les moyens cités par l’article 76, incité les forces combattantes à passer au service d’une puissance étrangère ; sciemment participé à une entreprise de démoralisation de l’armée ou de la population dans le but de nuire à la
défense nationale ; livré ( directement ou indirectement) à une puissance étrangère un renseignement, document ou procédé qui doit être tenu secret dans l’intérêt de la défense nationale ».

Ces dispositions, liberticides, sont généralement brandies pour inquiéter les journalistes, aussi nationaux qu’étrangers, qui osent aborder les questions liées à la sécurité et à l’armée. Ce sont ces dispositions qui sont à l’origine de l’expulsion de la correspondante de Radio France Internationale ( RFI), Ghislain Dupont, en 2006, puis de son inscription sur une liste noire par le régime de Kabila, ainsi que des relations extrêmement tendues existant, depuis, entre le gouvernement congolais et la station internationale.

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Cependant même, il est fréquent de voir certains de nos compatriotes, avoir de ce peur pour émettre ne serait-ce qu´un avis défavorable à l´endroit du gouvernement sur internet à plus de 8.000 Kilomètres du pays ! Si les uns, utilisent leurs vrais noms en ligne, les autres, utilisent des pseudonymes afin de s´y cacher, craignant pour leurs vies. 

Ces dispositions constituent une épée de Damoclès pour la presse qui sait parfaitement à quoi s’en tenir. Un sujet « déplacé » sur l’armée, le gouvernement et les questions de sécurité peut coûter la prison. L’autocensure est vite privilégiée, d’autant plus que des autorités politico-administratives ont tendance à appliquer la loi avec zèle afin d’obtenir des récompenses pour services rendus.

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Activiste Militant Résistant

Ma cause est bel bien fondée, vu la situation actuelle et les circonstances tragique que vivent les Congolais au quotidien ne me laisse pas le choix. Je milite pour mon pays jusqu'à ce que le peuple congolais devient bénéficiaire de ce qui lui revient de droit. Marre du système en place "la Kabilie" Une alternance négociée n'est qu'ultime humiliation" Félix Tshilombo un président nommé