RDC : un pillage généralisé orchestré par le clan alias Kabila

Venons-en aux principales caractéristiques de ce pillage généralisé et du conflit. Tout d’abord, comment celui-ci se réalise ? Au sein d’une criminalité sans limite, qui est l’état « normal » du commerce des minerais là-bas. L’est de la RDC est un état de non-droit où le crime est institutionnalisé. Les terres sont conquises par des groupes armés dans une extrême violence et les ressources naturelles appropriées de force par des rébellions, généralement dans le sang.

Le crime est logé à chaque étape de fabrication, de l’amont à l’aval, c’est-à-dire de l’appropriation des minerais, de sa valorisation financière, de sa circulation lors des diverses étapes de transformation et de fabrication, jusqu’à sa décomposition ou sa destruction, toutes faîte de contrebande, de trafic et de corruption, alimentant de multiples réseaux mafieux.

Le commerce des minerais s’opère donc dans l’illégalité la plus totale, selon des pratiques mafieuses et des comportements criminels banalisés. La majorité des lois et des juridictions sont bafouées, tant nationales qu’internationales : par exemple droit du travail, législations sociales et normes environnementales ne sont pas respectées. L’ensemble de cette économie est qualifié par les divers rapports comme informellesouterraineopaque, où il est quasi impossible d’effectuer une traçabilité, un suivi des minerais et connaître leur provenance originelle.

Deuxième caractéristique de ce pillage au Congo : les conditions de travail épouvantables, indignes. En effet, une fois les territoires contrôlés par les seigneurs de guerre, ceux-ci font travailler toute la population sans exception : ils exploitent les hommes, les femmes et les enfants. Les conditions de travail sont ignobles, dénoncées par des ONG comme Amnesty International ou Human Rights Watch, qui n’hésitent pas à parler d’esclavage moderne. Dans les mines congolaises, des enfants travaillent comme des forçats, jour et nuit, jusqu’à parfois mourir dans ce que plusieurs journalistes appellent les « mines de la mort » ou les « mines de la honte », ensevelis par des éboulements. D’autres meurent de maladies, car cette vie d’esclave s’accompagne des maladies liées à la pénurie d’eau potable et à la promiscuité (choléra, diarrhée).

Troisième caractéristique de ce pillage : avec l’expropriation des terres, ou pendant, ont lieu d’effroyables et nombreux massacres, pour chasser les populations autochtones qui habitent sur leurs terres riches en minerais, encore aujourd’hui en 2019, 22 ans après le début des conflits. La liste des massacres est longue, souvent sans jugement ni condamnation des coupables, c’est-à-dire en toute impunité, inutile de vous décrire ici la barbarie dans laquelle se réalise l’accaparement du sol et du sous-sol congolais.

Afin d’humilier et d’exterminer des villages et des communautés, s’ajoutent aux tueries de masses d’autres formes de barbarie, connues en temps de guerre : je fais ici référence aux violences sexuelles. En effet, une autre atrocité de guerre sciemment utilisée par les criminels est le viol, véritable arme de destruction massive. Le docteur congolais Denis Mukwege, connu internationalement pour son action auprès des femmes violées, dit, je le cite, que « le viol est un moyen de conquérir un territoire, de chasser ses populations, de détruire une société. Les viols sont planifiés, organisés, mis en scène. Ils correspondent à une stratégie visant à traumatiser les familles et détruire les communautés, provoquer l’exode des populations vers les villes et permettre à d’autres de s’approprier les ressources naturelles du pays ».

Ce qui détermine et motive ces viols, c’est bien l’appropriation des minerais qui se retrouvent au sein de nos gadgets technologiques. Mukwege, dans un discours au Parlement européen à Strasbourg, en 2014, l’exprime justement, je le cite à nouveau : « quand des groupes armés arrivent quelque part, ils rassemblent les habitants, les violent et les torturent systématiquement devant leurs proches, tuent tous ceux qui tentent de réagir et réitèrent la même opération d’un village à l’autre. Ensuite, ils peuvent exploiter en toute tranquillité l’or, le coltan ou l’étain. Le viol est utilisé comme tactique de guerre, détruisant des communautés afin d’obtenir le contrôle des minerais utilisés dans nos téléphones portables ».

La barbarie est donc sans nom, on viole jusqu’à des enfants et des bébés, mais aussi des vieilles femmes et des hommes. Les chiffres sont terrifiants : depuis 20 ans, on dénombre plus de 500 000 femmes et filles violées. En 2010, Margot Wallström, envoyé spécial de l’ONU, a qualifié le Congo de « capitale mondiale du viol », d’autres analystes parlent d’un « féminicide » en cours.

Une autre caractéristique tient, plus généralement, à la destruction de la société civile congolaise, tout du moins de sa région Est, car après les viols, c’est bien sûr le sida et autres MST qui déciment les populations victimes. Venons-en donc au désastre humanitaire, lourd pour l’industrie numérique et le capitalisme globalisé : un bilan humain catastrophique, à la hauteur des pires massacres passés, dignes des génocides du XXe siècle, puisqu’à ce jour, en 2019, d’après les estimations, le conflit congolais compterait 6 millions de morts. C’est tout simplement impensable, improbable, même si ces chiffres restent approximatifs, voire contestés.

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Activiste Militant Résistant

Ma cause est bel bien fondée, vu la situation actuelle et les circonstances tragique que vivent les Congolais au quotidien ne me laisse pas le choix. Je milite pour mon pays et je sais que le peuple gagne toujours. Marre du système en place "la Kabilie"

One Comment

  1. Pourquoi tu es aussi ridicule ? C’EST ne pas Joseph Kabila le porte malheur du Congo. Tu doit savoir que c’est sont les colons qui ont détruit le Congo en commençant à assassiner Patrice Lumumba car ils craignaient que le Congo se retrouve souverain de son propre République. En ce jours beaucoup de personnes semblable à toi traite Mr Joseph Kabila d’un criminel sans toutefois savoir les autres du malheur de l’Afrique, si c’est ne que les occidentaux. Alors épargne Mr Joseph Kabila le père de la démocratie dans ces balivernes, ou soite on fera tout ce qui est de notre pouvoir pour faire taire des personnes insensé et minable comme toi d’arrêter de faire propager les bêtises sur la toile. Tien toi bien car tu va pisser le sang à la longue

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